vendredi 20 juin 2008

Le marketing | L'ART DE LA SÉDUCTION ?

Vous reconnaissez sûrement ce type de linéaire qu'on retrouve dans tous nos supermarchés. Si l'emballage doit séduire, êtes-vous séduit lorsque vous voyez cette cacophonie de couleurs et de formes qui ne rivalisent qu'en laideur? Comment peut-on vraiment en arriver là dans le développement d'une image de produit? Alors qu'on sait qu'un des principes de base qui déterminent le geste d'achat est la reconnaissance du produit et surtout sa différenciation face à la concurrence; comment peut-on en arriver à avoir d'aussi piètres résultats? C'est une question qui reste à développer, mais pour vous consoler, je trouve des emballages et des produits chez Daylesford qui me réconfortent. Eh oui, simplement la couleur du jus et une discrète image de marque et une bouteille en verre recyclable à 100%. Je sais, je sais, c'est en Angleterre.

You probably recognize this type of display where all the products look alike and where you can hardly see what's the difference between one product and another. Does it seduce you? Does it have to be like that? Strangely enough, we all know that one of the basic principles of a purchase is the reconnaissance of the product and how a customer can relate to a trademark instinctively. Most of the time, it has to do with the perception of the mark. So why having them all look the same? I like to let you compare with a much nicer approach to designing juice bottles by Daylesford. Just the nice color of the juice, a simple mark and a nice recyclable glass bottle. I know... it's in theUK.

3 commentaires:

  1. Anonyme20:06

    Question intéressante Sylvain. (comme plusieurs sur ton site en passant)Oui la différenciation joue un rôle, mais il y a aussi l'expectative de la forme qui importe. La rhétorique visuelle de l'emballage, la sémantique des codes visuels et textuels, ... un consommateur ne s'attent-il pas à ce qu'un produit ai un emballage d'une certaine forme, d'une certaine couleur, etc ?Que nous designers lisions les emballages d'un regard différent, cela va de soi. Je serai par contre curieux de voir ce que de la recherche (non, pas un focus group!) auprès des consommateurs donnerait comme résultat et permettrais de comprendre de la perception qu'ils en ont. (en bout de ligne ce sont eux qui comptent). J'ai fait une petite recherche sur les emballages de serviettes sanitaires, un petit exercice d'exploration bien informel, et ma perception de communicateur visuel a été corrigée à plusieurs égards.Est-ce que les emballages ultras minimalistes de Daylesford sont une solution? Notre rôle de communicateurs visuels est-il de promouvoir un style ou de mettre en place des solutions qui favorisent le désir d'interaction avec un produit (communication ou service), cela même si elles ne sont pas aux goûts du jour de notre microculture? Débat important pour notre éthique professionnelle!


    Martin L'Allier

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  2. Merci pour ton commentaire Martin.

    Le terrain vers lequel m’emmène ton commentaire est assez vaste et ne pourra facilement être cerné en une seule réponse. C’est un sujet dont les points de vue divergent drastiquement d’un designer à l’autre selon la perception qu’on a de notre métier ou de notre profession.

    Je ne peux parler que de ma perception du designer en tant que professionnel et donc en tant que consultant. Le travail du designer «responsable» n’est pas de reproduire des objets en fonction de ce que les consommateurs veulent supposément, mais de ce qu’ils ont besoin.

    J’avoue qu’en juxtaposant le linéaire de chez Loblaw’s à celui des jus de chez Daylesford, je cristallise un point de vue puriste, mais cela n’est pas l’essentiel de mon propos. Ce que je veux souligner c’est le manque de créativité de la pensée commerciale qui prévaut partout dans le monde, mais particulièrement au Canada et en Amérique du Nord.

    Le minimalisme n’est qu’une approche graphique, mais la distinction d’un produit peut s’exprimer avec toutes sortes de moyens. Dans tous les cas, il s’agit d’abord d’une vision. Les Steve Jobs de ce monde n’ont pas marqué en imitant la concurrence, mais en identifiant une niche complètement vierge et neuve.

    Notre rôle de consultant est d’accompagner l’industrie vers cette recherche d’identité distinctive. Si notre perception de notre industrie est de faire ce que le client veut ou pire que les « marketeux» de ce monde prétendent savoir sur la clientèle, nous sommes comme des dentistes qui arracheraient des dents sur demande.

    Ce n’est pas ma perception d’une profession.

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  3. Anonyme10:59

    On peut aussi se demander comment se fait-il qu'il existe 26 marques de jus d'orange, 12 marques de beurre, 65 marque de cereales...je sais que je me trouve sur une terre de libéralisme absolue et de libre concurrence, mais quand même, il y a de quoi se poser des questions...

    Je ne veux pas non plus faire l'apologie du communisme, du style une seule marque de jus, une seule marque de tout...(quoique des fois, je me demande...!!!)
    Question environnement, c'est affreux , question pollution visuelle, ça l'ait tout autant...

    Rentrer dans un provigo avec tous ces questionnements en tête, c'est trés déprimant...et est ce que le design peut vraiment y changer quelque chose, mis à part de rajouter un produit, plus beau peut-être, mais selon nos propres criteres elitistes de designers??

    Elise M.

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