lundi 24 août 2009

Le bac à bonne conscience

Depuis plus de 20 ans au Québec, le recyclage s’est progressivement implanté dans nos vies. Tranquillement, le bac vert (ou bleu dans certaines municipalités) a intégré nos gestes quotidiens et en bons enfants, les Québécois ont, bon gré mal gré, emboîté le pas.

Après tout, la pensée du cycle de vie de la matière est une chose si naturelle. Il semble évident que si nous empruntons des ressources non-renouvelables à la planète pour nos besoins de consommation, il faudrait bien les recycler si l'on ne veut pas les épuiser et léguer à nos enfants une terre complètement vidée de ses ressources. Bla-bla-bla… vous connaissez la suite… je sais, … bla-bla-bla… cycle de vie, bla-bla-bla… responsable, bla-bla-bla… durable. Vous en avez marre de parler de l'environnement? Vous faites votre part hein? Ah oui c'est vrai... En fait, vous voulez dire que vous allez porter votre ti-bac vert sur le bord de la rue une fois par semaine... et, ça fait de vous un éco citoyen ? Il est génial ce bac non ? Vous y mettez vos vieux trucs et hop, vous avez automatiquement bonne conscience. Vous avez fait la bonne action.

Dernièrement, la belle ville de Montréal, soucieuse de reverdir son image et surtout nous distraire après tous les scandales mis à jour dans les médias, nous présentait son nouveau bac vert en forme de «pillow box». Non seulement le nouveau contenant aura beaucoup plus de capacité pour contenir nos beaux détritus citoyens, mais sera aussi muni d’un système pour les retenir dans le bac et les empêcher de se répandre dans nos rues «propres, propres, propres». Nous deviendrons sûrement la ville la plus verte du monde entier. Alléluia! «Faites ceci en mémoire de moi» devrait s’exclamer notre bon maire Tremblay.

Mais qu’advient-il de notre beau recyclage lorsqu'il quitte notre foyer? Est-il bien recyclé? La matière retourne-t-elle dans le cycle de production? Est-elle réellement acheminée vers les centres de tri? Loin de moi l’idée de mettre un pavé dans la mare, mais le but fondamental de toute cette démarche de recyclage est le retour de la matière dans le cycle de production d’emballages. Sans quoi, de quoi parlons-nous? Par exemple, le verre recyclé est-il refondu et réutilisé dans la création de bouteilles et de pots ou est-il simplement utilisé comme matière de remplissage ou pour fabriquer du papier sablé? Si on veut parler de recyclage et de cycle fermé, la matière doit être réutilisée de façon comparable à sa première vie sans quoi, le besoin de nouvelle matière n’est pas résolu et le RE«CYCLAGE» perd tout son sens.

C’est une question assez fondamentale à mon avis. Il est en tout cas légitime de la poser puisque dans les faits, un nombre relativement minime d’emballages sont faits de matière recyclée. Ils sont recyclables bien sûr, mais ils l’ont toujours été. L’intérêt est qu’ils soient recyclés et ça, ce n’est pas si évident.

La semaine dernière une amie m’envoyait ces photos prises sur la rue St-Urbain où l’on expérimente présentement l’utilisation des nouveaux bacs. C’est avec une certaine inquiétude qu’elle constatait que les camions utilisés étaient les mêmes que ceux qui sont utilisés par les éboueurs. hmmmm, étrange… Vous me direz qu’ils utilisent ces camions pour des raisons pratiques; peut-être mais disons que si j’avais à trier un contenu de matière à recycler, je n’aurais pas tendance à la compacter avant. Alors je me dis : suis-je paranoïaque ou trop lucide? ;-)
Trouvez l’erreur : col bleu vidant un bac de recyclage dans un camion de déchets.

We’ve been recycling for about 20 years in Quebec. Progressively, the green bin (bleu in some municipality) took place in our lives and got integrated in our mind as the ultimate eco-friendly gesture.

After all, the life cycle should be an inspiration in our way of life and the resources borrowed to nature for our consumer lifestyle should at least be recycled to close some kind of a sustainable cycle. This is at least the concept that was sold to us and we got on board either by conviction or by guilt. Of course, it is hard to face such an immense problem without having a certain feeling of impuissance and than, anything that looks like a step in the right direction sounds like the way to go. The only problem is if that action becomes a way to clear you conscience of all environmental issues. After all, as citizens, we have other things to worry about, so the green bin became the symbol of eco concern citizen.

But what happens to our beautiful recycling bin when it leaves our home. Is it recycled? Does it really return to the production cycle? Is it really going to sorting? It's not my idea to rain on our parade, but the fundamental goal of all of this recycling is the return of the material in the production cycle of packaging. Otherwise, what are we talking about? For example, is recycled glass remolded and reused to produce bottles and jar or is it simply used as filler or to make sandpaper? Recycling should be a close cycle so the material used is used again for comparable usage. Ideal recycling would make sure there is a minimal lost of quality in the process. Otherwise, RE "CYCLING" loses its meaning.

This is a rather fundamental issue in my opinion. Is it any legitimate to ask? I think so, especially since relatively little packaging seams to really be recycled. They are recyclable, of course, but they have always been. The important thing is that they are recycled. That’s the real issue.

Last week a friend sent me these pictures taken on St-Urbain street where experiments are currently taking place for the new Montreal bins. It was with some anxiety she noted that trucks used were the same as those used by trash collectors. hmmm, strange ... You may say that they use these trucks for practical reasons, perhaps... But; say I had to sort glass, paper and plastic items for recycling, I don't think I would tend to compact it before. So I start wondering: am I paranoid or just too lucid? ;-)

5 commentaires:

Audree a dit…

ça fait des mois que la ville de montréal envoi le recyclage direct au dépotoire. Je pensais qu'ils avaient arrêtés parcontre. Apparemment non.

Anonyme a dit…

wow, que de ouie-dires...

Anonyme a dit…

Je sais, je sais... Laval ici, Laval là, mais à Laval... c'est différent. Les bacs sont plus simples à utiliser. Ils ont une couverte, ils sont plus solides, et ils ne tombent pas pour rien. Puis, le camion ne pas celui qui ramasse les poubelles. C'est un camion à recyclage. Il les prend et les laisse à la même place. Toutefois, j'espère qu'ils soient effectivement envoyés au centre de tri. Pour ça, malheureusement, je ne suis pas au courant.

Anonyme a dit…

http://www.cyberpresse.ca/environnement/200901/29/01-822005-des-matieres-recyclables-dans-les-camions-a-ordures.php

Anonyme a dit…

imbécile le recyclage va dans les sites pour le recyclage mais la ville utilise des anciens camion de vidanges

Enregistrer un commentaire