mardi 18 mai 2010

Maîtriser sa langue maternelle | Maude Prince-Lescarbeau


La semaine dernière, il y avait un débat intéressant sur la qualité du français au Québec dans un article de Christian Rioux dans Le Devoir. Le texte intitulé Alex 661 démontrait, par un courriel d'une lectrice, l'état lamentable du français dans notre système d'éducation.

N’en déplaise à ceux qui opposent la communication à la linguistique, je dis ceci : le langage est l’outil de la pensée et celle-ci ne sait s’exprimer pleinement sans un minimum de respect des codes. Le fait est qu’au Québec, par insécurité ou par médiocrité, on a toujours méprisé le français.

De tous les pays censément développés, le Québec est sûrement le seul à ne pas maîtriser sa propre langue maternelle. Je ne parle pas ici de notre charmant accent ou de nos québécismes, mais bien de vocabulaire et de syntaxe. J’observe d’ailleurs qu’aujourd’hui que les immigrants de deuxième génération possèdent déjà souvent mieux le français que les Québécois dits de souche. Merci à Camille Laurin et sa loi 101, mais 33 ans plus tard, il n’y a que les Québécois qui ne maîtrisent toujours pas le français au Québec.

Devant un tel échec collectif, comment défendre l’indéfendable? Ici, on préfère souvent un gros sacre bien gras à un discours intelligent parce qu’il nous conforte peut-être dans notre médiocrité linguistique. Écoutez les médias et notez bien : le culte du «gros cave» a la faveur populaire alors que tous les intellectuels, eux, ont été chassés subtilement de nos institutions et de nos médias. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

Maude Prince-Lescarbeau travaillait récemment sur le thème de la valorisation de la réussite scolaire dans mon cours d'emballage. Ici, les crayons, aiguisoirs et autres accessoires scolaires s'engagent dans une communication positive et tournée vers l'excellence. Dans son concept, l’enseignant peut désormais récompenser la performance par un geste personnalisé au nom de l'étudiant. Après tout, le succès commence peut-être par la valorisation de l'effort.

Maude Prince Lescarbeau worked recently on the theme of valuing academic success in my packaging course. Here, pencils, sharpeners and other school accessories are engaged in a positive communication and strives for excellence. In his concept, the teacher can now reward performance in a personalized gesture aimed at the performing student. After all, success might start in the effort valorization.

3 commentaires:

lefaune a dit…

Ah ! Oh non, en France, c'est catastrophique, et de plus en plus. Je crois que c'est en fait typique de la sphère francophone, pas d'un endroit précis.

Mdjadvance a dit…

Concernant la syntaxe, je trouve que les jeunes ne s'en préoccupent pas du tout, même dans un cours de français. Insouciance ou réelle médiocrité? Encore aujourd'hui, je cherche à savoir. La seule solution, à mon avis, c'est lecture lecture lecture.
Il y a la présence de l'anglais qui n'aide pas non plus car les gens calquent leur phrase ou même (surtout) leurs mots sur une tournure anglophone.

lefaune a dit…

En France cependant cet aspect de calque joue beaucoup moins, voire pas du tout, et vous verriez le niveau de langue actuel... Je crains que la lecture, qui a totalement disparu chez les plus jeunes, y soit pour quelque chose.

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