dimanche 21 novembre 2010

De l’enfirouapeur à l’enveloppe brune


La langue parlée au Québec est truffée de mots empruntés à l’anglais qui ont progressivement perdu leur sens original, et ce, probablement dû au fait que les Québécois pour la plupart illettrés et unilingues répétaient phonétiquement certains mots anglais sans en comprendre le sens. Cela explique sûrement la création de mots complètement nouveaux et dont l’étymologie nous échappe. Le «bone setter» (ramancheur) est devenu le «Bonhomme Sept Heures » et le «backhouse » la bécosse.

Parmi les québécismes empruntés à l’anglais se trouve le mot enfirouaper. Ce mot signifie abuser, duper, mentir, mais vient de l'expression anglaise «in fur wrapped» (emballé dans une fourrure) ou «infrawrapped» (emballé pour éviter le bris) a donné au Canada français le verbe enfirouaper, que l'on écrit parfois enfirwapper. Doit-on s’étonner que les Québécois aient aussi senti le besoin de créer les mots crosser et fourrer pour parler de cet acte d’entuber son prochain qui constitue, après le hockey bien sûr, notre plus grand sport national?

Si les mots aident à définir la pensée, les actions les contextualisent et si, à une certaine époque, le petit «crosseur» s’infiltrait progressivement dans toutes les sphères de notre société, l’enfirouapeur d'aujourd'hui a pris le contrôle total de notre société Québécwèzzze.

Si certains nationalistes notoires se sont élevé contre le Magazine Maclean’s qui accusait le Québec d’être la province la plus corrompue, je crois qu’ils auraient aimé plutôt et à juste titre d’ailleurs, que le Québec soit plutôt comparé à d’autres républiques de bananes et états voyous où il aurait sûrement remporté la palme de la corruption.

Et c’est le bal des enveloppes brunes. Au municipal, dans les sociétés de commandite, dans la construction, les gouvernements, la mafia, les syndicats, les garderies et comme tout est dans tout; la société grangrenée québécoise n’est plus qu’une plaie ouverte de désillusion et de cynisme. Les Renée Lévesque et Jean Lesage peuvent se retourner dans leur tombe, la belle province se raconte désormais en scandales, les petits crosseurs, les fourreurs, les enfirouapeurs s’échangent des enveloppes brunes...en pulpe recyclée bien sûr !

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